
Février est le mois national de l’inclusion scolaire et le moment idéal pour réfléchir à tout ce qui a été accompli et à ce qui nous attend.
En 1985, une action en justice innovante, menée par un formidable groupe de trois familles de Saint John, était en cours. À l’époque, la Loi sur l’éducation du Nouveau-Brunswick empêchait leurs enfants de faire partie des classes ordinaires à l’école. Ces parents ont entamé la première contestation de la Charte canadienne dans le domaine de l’éducation. En 1986, le gouvernement a introduit des modifications à la Loi qui exigeaient que les élèves ayant un handicap soient éduqués dans le système d’éducation ordinaire.
L’inclusion scolaire naquit, non seulement au Nouveau-Brunswick, mais aussi au Canada.
En 2013, le mouvement pour l’inclusion scolaire a connu un nouveau jalon important : la mise en œuvre de la Politique 322 – Inclusion scolaire par le ministère de l’Éducation et du Développement de la petite enfance. Bien renseignée et fondée sur des faits probants, cette politique part du principe que l’éducation est un droit humain fondamental.
Plus précisément, au Nouveau-Brunswick, chaque enfant a le droit d’apprendre avec ses pairs dans l’école de son quartier. Il s’agit en fait de la pierre angulaire de la politique 322.
Nous savons qu’il existe des incohérences dans la compréhension et la mise en œuvre efficace de cette politique. Cette situation est grandement attribuable au fait que de nombreux éducateurs – enseignants, administrateurs, assistants en éducation – ne sont toujours pas formés de manière adéquate aux pratiques d’intégration ou ne disposent pas des ressources nécessaires pour répondre aux besoins de l’ensemble des classes. Nos écoles disposent d’un leadership phénoménal et d’enseignants qui se soucient profondément de la réussite de tous leurs élèves. Ils ont besoin de notre soutien.
Malheureusement, l’inclusion scolaire est souvent l’un des boucs émissaires de notre système éducatif surchargé. En cas de difficultés, nous rejetons la faute sur les politiques d’intégration et, en fin de compte, sur l’enfant ayant un handicap, comme si c’était là le problème.
Imaginez un instant que vous êtes le parent d’un élève ayant un handicap. Votre enfant a été contraint de quitter l’école ou ne peut y aller qu’une heure ou deux par jour. Comment pourriez-vous travailler? Comment votre enfant socialise-t-il et acquiert-il des compétences précieuses en interagissant avec ses pairs?
Imaginez encore que l’assistante ou l’assistant en éducation de votre enfant ne soit pas en mesure de travailler pour cause de maladie, par exemple, et qu’on dise à votre enfant qu’il doit rester à la maison parce que les aides appropriées n’ont pas été mises en place. Nous ne demanderions jamais cela aux parents d’enfants sans handicap.
Mais peut-être le pire de tout, c’est d’apprendre que votre enfant a été mis à l’écart ou isolé pendant sa journée d’école. Malgré nos progrès en matière d’inclusion scolaire, cette situation se produit encore au Nouveau-Brunswick.
Des ressources doivent être mises à la disposition des enseignants, des écoles et des classes, et elles doivent être déployées de manière adéquate et en temps opportun. Elles comprennent la formation des éducateurs et des paraprofessionnels, l’accès à des spécialistes comme des orthophonistes, des psychologues scolaires, etc., ainsi que des classes plus petites, pour ne nommer que quelques éléments.
L’équipe qui entoure l’élève doit être appuyée pour travailler ensemble à l’élaboration d’un plan dont l’objectif principal consiste à permettre à tous les élèves d’être présents dans la salle de classe, de bénéficier d’un soutien adéquat et d’apprendre aux côtés de leurs camarades. C’est leur droit.
Cette équipe comprend également des élèves sans handicap. En raison du leadership de notre province il y a 40 ans aujourd’hui, il existe une génération entière de NéoBrunswickoises et Néo-Brunswickois qui ont bénéficié de l’inclusion et qui s’y attendent.
Une étude australienne sur les résultats de l’inclusion scolaire fait état d’une « amélioration des attitudes entre les élèves ayant un handicap et ceux qui n’en ont pas. Plus un élève passe de temps dans un milieu inclusif, plus l’interaction sociale est importante. Il en découle de meilleurs résultats en matière de développement social et de communication. »
Les recherches de plus en plus nombreuses sur les résultats de l’inclusion scolaire en matière de développement social ont également démontré que l’inclusion se traduit par « un sentiment plus positif de soi et d’estime de soi pour les élèves, qu’ils aient un handicap ou non. »
Ce sont les leaders sur lesquels nous compterons pour faire avancer le mouvement de l’inclusion au cours des 40 prochaines années.
Nous en avons besoin, car il reste encore du travail à faire. Par exemple, nous n’avons toujours pas de politique provinciale en matière d’éducation préscolaire et de garderies inclusives pour assurer aux familles d’enfants ayant un handicap l’égalité d’accès avant que ces derniers n’entrent dans le système scolaire public. Ces enfants et leurs parents ont également des droits.
En tant que Néo-Brunswickoises et Néo-Brunswickois, nous devons être fiers de ce que nous avons construit ensemble. Trois familles de Saint John ont créé un mouvement provincial, national et international qui a constitué un important pas en avant. Nous leur devons, ainsi qu’aux innombrables familles qui ont suivi, de nous concentrer sur la façon dont nous créons la prochaine génération d’apprenants et de champions de l’inclusion.
– Jake Reid, le directeur général d’Inclusion NB.
